Un ticket pour León

Ancienne capitale du Nicaragua, León se distingue par son esprit colonial et son patrimoine culturel riche. Son activité du Cerro Negro vaut le détour, mais tout comme le simple plaisir d’errer dans ses rues.

To León with love

Après deux jours agréables à Granada, Mr. Panda et moi décidons de nous rendre à León. Nous prenons deux bus pour y accéder ; un pour Managua, puis un autre pour León (environ 2h30 de trajet). Durant le voyage, une femme assise à côté de nous, engage la conversation en posant des questions sur Le Petit Futé que nous feuilletons. C’est plutôt insolite de répondre aux interrogations d’une locale sur son propre pays. Elle s’intéresse ensuite à nos vies respectives, nous nous prenons en photo et elle nous fait promettre de la lui envoyer à notre retour en terre française. Encore une très belle rencontre, qui prouve une fois de plus la gentillesse naturelle des nicaraguayens.

L’arrivée à León est rocambolesque ; un amas de tuc-tuc nous alpague pour vendre leurs services. Même si c’est le jeu du tourisme, je n’arrive jamais à m’y habituer. Installés dans notre taxi à pédales, celui-ci nous amène dans le centre-ville pour trouver un hôtel. La chasse au trésor ne s’avère pas si aisée, la chaleur et la lourdeur des sacs n’aidant en rien. Au bout de 45 minutes, nous trouvons enfin ce qui sera notre maison pour les trois prochains jours. A 5 minutes du Parque Central, l’Hostal Cerro Negro offre des chambres pour $18 la nuit, ce qui est plus que correct dans la ville, je dirai même plus, That’s a bingo !

Nos pauvres petits ventres vides commençant à faire la tronche, on se pose sur la place centrale, au restaurant El Sesteo. Typiquement touristique, nous n’avons pas la force de vagabonder davantage. Je goûte le Nacatamal, plat phare de la gastronomie nicaraguayenne. A base de mais, porc, pomme de terre et un tas d’autres ingrédients, le tout cuit dans des feuilles de bananier, ce plat est généralement servi le dimanche avec un café ou lors de repas de fêtes. Étouffe-chrétien, le goût est lui très bon mais reste sur l’estomac pendant minimum 80 heures.

Coucou toi !

Du vin de messe à l’apéro

Ensuite, nous partons réserver notre tour au Cerro Negro pour le lendemain matin. Parmi le grand nombre d’agences, nous optons pour Hokano Adventures qui propose des prix corrects ; $30 par personne pour l’ascension et la descente en luge du volcan.

D’une humeur pieuse et culturelle, nous partons faire un tour des églises avant de retrouver notre véritable nature. La ville possède un grand nombre d’églises quasiment toutes encore utilisées pour les offices. Vu que j’ai toujours mes fioles de chance dans les poches, elles sont toutes fermées à part La Merced. Je me console en pouvant observer la beauté extérieure de ces édifices. Après une promenade très longue, je n’ai plus de pieds, Mr.Panda me dit qu’il ne voit pas le rapport et me ramène à l’hôtel tout en déclinant ma proposition alléchante de monter sur ses épaules. C’est moche la non-solidarité. S’en suit une belle séance de chill absolu dans les transats.

La Merced

Pour l’apéro, nous allons trinquer dans un bar très local où nous sommes les seuls étrangers. Je me délecte de ma bière avec la musique latine et le brouhaha espagnol atour de moi. L’ambiance est parfaite. Bien hydratés, on s’en va dîner. Ce qui partait comme l’activité la plus simple se transforme en mission particulièrement ardue. Les restaurants sont dispersés au peu partout, ce qui ravit mes pieds meurtris, et sont soit vides soit chers.

Après une bonne heure de marche, on se résigne et rentrons au Carnivoro. Il propose des prix supérieurs à notre budget, mais notre découragement a décidé de l’ignorer ce soir. Lovés dans une petite cour mignonne, je me laisse porter par cette atmosphère délectable. Mon porc à la sauce goyave accompagné de tostones (bananes plantains frites) est un régal. En voyant qu’une mousse au chocolat est proposée en dessert, je perds possession de mes moyens et n’ai pas d’autres choix que céder.

Méga teuf sur la place centrale

Les rois de la glisse au Cerro Negro

Le lendemain, le réveil nous réveille sans pitié à 7h30 pour notre périple au Cerro Negro. Le 4×4 vient nous chercher devant l’hôtel, prend une autre touriste sur le chemin et 1h de route plus tard nous sommes au pied du volcan. Notre guide, David, nous fournit un sac contenant notre kit de luge et la planche qu’il fixe derrière nos dos. A ce moment, je deviens le sosie presque officiel de Buzz l’Eclair. Je me remets, seule, de ma blague au bout de 5 minutes, puis suis contrainte de suivre les autres pour l’ascension.

Le petit Buzz qui grime le volcan

Plus nous montons, plus le vent se fait puissant. Si bien qu’avec ma nouvelle paire d’ailes, j’ai du mal à marcher droit tellement le vent veut m’envoyer dans l’espace. Sensible à ma peine, David me prend la planche et je peux reprendre forme humaine en étant à nouveau libre de tous mouvements.

En haut du volcan, le spectacle est grandiose. Je peux voir le cratère principal, impressionnant de par sa couleur contrastant avec le paysage verdoyant en arrière-plan. Toujours en activité, le Cerro Negro est le volcan le plus jeune du Nicaragua, sa dernière éruption date de 1999.

Même sans mes ailes je peux m’envoler

Rassasiée de la beauté du lieu, l’heure de la descente a sonné ! Nous enfilons notre combinaison de guerrier et attendons notre tour pour la grande glissade. Car oui, l’activité étant la plus touristique du coin, nous ne sommes évidemment pas les seuls curieux.

Hey sexy guys !

Alors que les autres groupes dévalent la pente à toute vitesse, chacun de nous trois descend avec lacune et surtout extrême lenteur le volcan. Arrivés en bas pleins de frustration, on se rend compte après examen du matériel, que la planche est en piètre état, et donc coupable de notre non-plaisir. Malgré la déception de n’avoir pu savourer pleinement la descente, la « balade » fut réjouissante grâce aux paysages saisissants.

León. Confidential

Je parviens laborieusement à me débarrasser du sable et des cailloux noirs dans mes cheveux grâce à une douche plus que salvatrice. Après avoir déjeuné des nachos et panini, nous repartons à la conquête de nouvelles églises. Là, mes pieds commencent définitivement à me bouder, je cède à leur caprice en me posant au Parque Central. J’en profite pour goûter un en-cas typique : tranches de mangue verte saupoudrées de gros sel. Et bien ce n’est pas bon du tout ! L’amertume de la mangue accompagné de sel n’est vraiment pas un bon alliage. Sur le chemin du retour, nous faisons une halte au bar à smoothies Batidos Pitaya, où nous accompagnons notre nectar avec une partie de Jenga. On rigole bien, car on aime bien rigoler nous.

A la suite de notre séance quotidienne de glande dans les transats, nous repartons pour la soirée. Les rues sont envahies par la foule réunie autour de plusieurs chars, chevaux et stands de bières à foison. Nous arrivons à nous extraire du cortège et allons dîner au Yavoy. L’endroit est très animé par les fêtards de fin de semaine et la musique endiablée. Je choisis des brochettes de poulet à l’ananas et aux cacahuètes, qui ressemblent plutôt à plusieurs escalopes de poulet embrochées. Plus que copieux, je me rends néanmoins compte de ma chance après avoir aperçu des assiettes encore plus indécentes.  Mon palais et mon ventre sont ravis et réclament un cocktail pour faire digérer le tout. Il faut toujours écouter son corps, c’est une règle essentielle.

Le marché jusqu’au bout de la nuit

Le troisième et dernier jour à León sera plus tranquille, le mauvais temps pluvieux limitant les activités. Je goûterai tout de même à mon premier Burger King ! Ma paranoïa me fait enlever tout végétal et le burger ressemble de près ou de loin à un pain au lait garni d’une tranche de steak. Beurk. La balade digestive est fortement recommandé ensuite.

Il était une fois la Révolution

Nous remplissons ensuite notre léger programme en allant au Musée de la Révolution. Pour C$100 chacun (3,20€), des guides, tous anciens guérilleros pendant la guerre, proposent la visite du lieu en expliquant cette période de l’histoire. Instant culture rien que pour vous ! Notre guide Marcelo, nous narre en espagnol avec passion et fougue cette sombre période de guerre civile.

La visite est déstabilisante, il est rare de se voir raconter la guerre par quelqu’un ayant vécu toutes les horreurs que sont la torture, la prison ou les différents combats menés. Les murs encore criblés de balles sont le reflet de ce peuple qui a tant souffert lors de la Révolution sandiniste. Un lieu imprégné d’un passé fort qu’il est important de visiter pour mieux appréhender l’histoire de ce pays. Nous restons 1h30 avec lui, et ressortons avec un savoir supplémentaire et surtout l’émotion de cette rencontre.

La journée se termine calmement entre flânerie dans les rues et farniente à l’hôtel. Nous dînons au charmant restaurant Al Carbon que nous avons repéré l’après-midi. Nous prenons un plat prévu pour deux à base de porc, poulet, boeuf, chorizo, patate, tostones et haricots. Une fois de plus copieux et bon malgré la trop forte cuisson de la viande.

Après trois jours à León, le sentiment est extrêmement positif. La ville grouille plus que Granada et semble bien moins touristique, ce qui n’est pas pour me déplaire. Les couleurs sont toujours aussi présentes et la musique sans cesse permanente. J’ai adoré cette ambiance très animée sans être oppressante. Pour allier détente et activité, l’endroit est idéal.

Surprenant contraste entre le parc pour enfants et les barbelés

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