The Revenant, l’initiation à la survie

Dans une Amérique sauvage et infinie de grâce, The Revenant retrace l’histoire vraie de Hugh Glass, trappeur laissé pour mort par son groupe après avoir été un peu bousculé par un ours. Ambiance froide et brute, Alejandro Gonzàlez Iñárritu revient seulement un an après Birdman, avec un nouveau tour de force.

La puissance des grands espaces

La salle s’éteint, l’obscur laisse place à un écran inondé de verdure, puis Leonardo Dicaprio surgi. La voix-off nous berce entre les flots coulant, tout en nous embarquant dans cette poésie malickienne. L’influence du grand Terrence est clairement exposée. Après ce préambule efficace, The Revenant est prêt à nous embarquer pour 2h30 de voyage physique.

Dans cette Amérique âpre et cruelle, notre héros, refuse de se laisser mourir comme le désirait son équipier Fitzgerald (parfait Tom Hardy). Seul, avec pour seul compagnon ses souvenirs de famille et son désir de vengeance, Hugh Glass lutte dans cette nature impitoyable pour arriver au bout de sa quête. Entre une météo capricieuse, des troupes ennemies avides de violence, la faim à combler ou encore des hôtels improvisés plus ou moins douteux (je préfère ne pas m’étendre plus à ce sujet…), Léo n’est pas épargné par cet environnement hostile. Ce Man VS Wild de l’extrême offre des séquences incroyablement mises en scène. Dès les premières minutes, Iñárritu nous livre un plan-séquence en plein champ de bataille d’une majestuosité rare. Le spectacle qui suivra ne sera pas en reste en terme de maîtrise. On est bluffé en permanence, tout en étant sous tension. Car le film est long, il sait prendre son temps, mais pas une minute nous soufflons, comme notre Revenant, on est en permanence sur le qui vive.

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Le survival d’un revenant

Sans grande surprise, Dicaprio est prodigieux, très peu bavard, c’est son regard et sa souffrance qui parlent. Sa barbe camouflant son visage, laisse son regard nous transpercer de son bleu pur. Cette performance organique, nous use et nous fait souffrir autant que lui. Tom Hardy, injustement oublié des Oscars, est lui aussi remarquable. De sa voix lourde, ce prédateur sans morale fait froid dans le dos. L’ensemble du casting est brillamment choisi, comme également le jeune Will Poulter qui arrive à tirer son épingle du jeu parmi tous ces grands noms, ou encore Domhnall Gleeson qui montre qu’il peut être autre chose qu’un gentil british. Et bien sûr la communauté indienne, qui malgré sa fureur, sait se montrer solidaire avec les solitaires. Une entraide naturelle se crée entre notre héros et les Indiens, dès que celui-ci prononce des mots dans leur langue. Se raccrocher à des bases communes pour faire naître une entente possible.

Outre les personnages, la nature est un protagoniste tout aussi central. Les plans de montagnes, de terres enneigées, de forêts, subliment chaque séquence, comme pour nous rappeler que cette beauté fait bien partie de notre monde. Un environnement qui peut être autant vulnérable que notre Léo. L’approche du réchauffement climatique est subtile mais palpable. Ces fontes de neige et tout autre bouleversement que nous vivons à l’écran, comme un rappel des choses. Oui, ces changements vont mettre petit à petit fin à ces spectacles naturels si personne ne se bouge.

the-revenant-photo-56b75e64c00e2The Revenant c’est la rage, la violence sans filtre, la survie, mais aussi la beauté sans limite de la nature, que seul le cinéma peut capter de cette manière. L’être humain revenu à l’état d’animal, pour qui la survie est redevenue un instinct primaire. La survie dans l’immensité (bien loin de cette petite chambre), comme pilier central du film. Au-delà de celle d’Hugh Glass, Fitzgerald se démène à sa façon dans ce survival. Ce loup craintif et corrompu, est prêt à tuer et abandonner son prochain pour sa propre cause. Et paradoxalement, lorsque l’opportunité de recevoir une prime donne de l’espoir à son avenir, il est prêt à courir le risque de sa peau. Chacun a un moteur de survie, la vengeance pour Hugh Glass VS la cupidité pour Fitzgerald.

Ce film est grand, Iñárritu est gigantesque et Dicaprio prouve définitivement que c’est le meilleur de sa génération.

 Autour du film :

  • Le scénario de The Revenant est passé entre les mains de Park Chan-wook, John Hillcoat et Jean-François Richet avant d’atterrir dans celles d’Alejandro Gonzàlez Iñárritu.
  • Le film est adapté du livre éponyme de Michael Punke.
  • Leonardo Dicaprio a fait un bon choix : il préféra ce rôle à celui de Steve Jobs réalisé par Danny Boyle.
  • Le tournage du film était prévu pour 80 jours, il dura plus de 9 mois. Cela dû à la météo difficile et au souci du réalisateur et de son directeur de la photographie de tourner seulement en lumière réelle.
  • Le film a reçu 3 Oscars : meilleur acteur pour Leonardo Dicaprio (enfin !!!), meilleur réalisateur pour Alejandro Gonzàlez Iñárritu, et meilleure photographie pour Emmanuel Lubezki.
  • Le fameux rôle de l’ours fut endossé par le cascadeur canadien Glenn Ennis. Vêtu d’un costume bleu et d’une tête d’ours, il a visionné un grand nombre de vidéos animalières pour s’inspirer de leur gestuelle.

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1 Thought to “The Revenant, l’initiation à la survie”

  1. Girardot

    Magnifique description du film « Les revenants », dans ce qu’il a de profond et de gigantesque. Bravo pour cet article.

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