La soufrière : marchons sous la pluie

Ah la Guadeloupe, sa chaleur, ses Caraïbes, son ciel bleu, ses paysages luxuriants, son boudin noir… On pourrait s’arrêter là et profiter tranquillement de cette quiétude. Mais puisque je suis diabolique, je vais vous parler de son volcan : la soufrière, ou plutôt son épicentre pluvieux. Et comme on est un peu foufou on va même y partir en randonnée !

La soufrière, une randonnée qu’elle est bien pour la faire !

Pour resituer le contexte géographique, le volcan de la soufrière, situé en Basse Terre, est le point le plus élevé des Antilles avec 1 467 mètres de hauteur. Et qui dit hauteur, dit la tête dans les nuages. Non pas qu’il soit rêveur mais plutôt constamment mouillé. Né il y a 200 000 ans, il est toujours en activité et peut émettre des éruptions explosives provoquées par son cœur. Mais rassurez-vous, ce grand sentimental a connu son dernier brisement de cœur en 1976, où des blocs de roches ont été crachés. Donc soyez sympa, évitez de le provoquer si vous ne souhaitez pas recevoir des cailloux sur votre calvitie.

soufrière volcan
De loin, il fait encore beau

Le rapide point Fred & Jamy ayant été posé, passons à ce qui nous intéresse : l’ascension de la soufrière. Quand on me propose de grimper en haut d’un volcan qui fume toujours, je n’ai pas hésité longtemps. Il faut dire que depuis ma randonnée de l’extrême, plus rien ne m’effraie. J’ai été en amont furtivement averti sur l’aspect brumeux et humide de la randonnée, mais vu que je ne suis pas en sucrette, mon âme d’aventurière a méprisé cette information. Des baskets, un short, un K-Way dans la poche et c’est parti pour 4 heures de marche ! J’aurai dû me douter que s’appeler « soufrière » n’avait pas un sens si caché que ça…

It’s raining men !

Sur la route menant au point de rendez-vous, le ciel bleu de la plage se transforme subtilement en gris. Je renonce au bronzage de montagne, et continue d’être enjouée par ce qui m’attend. Je retrouve mon guide aux pieds nus (si si), et mon petit groupe tout aussi dubitatif que moi sur les gros nuages méchants dansant au-dessus de nous. D’ailleurs, j’ai suivi ma famille avec un guide mais faites-le sans, ça n’a pas beaucoup plus d’intérêt et ça vous fera des économies de voyage. Au bout d’à peine 100 mètres, les premières petites gouttes font leur apparition comme une provocation à notre venue. Et quinze minutes après, la pluie s’est transformée en déluge.

soufrière jane
Mettez-lui un short et vous pouvez m’imaginer

C’est le moment où je peux vous parler plus en détail de mon guide. Ou Monsieur-je-t’apprends-la-vie qui malgré les torrents d’eau qui remplissaient mes chaussures, n’hésitait nullement à faire des pauses sans arrêt pour expliquer maintes et maintes choses. Alors je conçois que l’histoire des lieux et ses anecdotes soit intéressante, mais pourquoi interrompre la marche lorsque la pluie est la plus forte et qu’il n’y a aucun arbre pour se protéger ? Hein, pourquoi ?! (On la sent mon exaspération ?) Autre chose rigolote, il a fortement insisté, à raison, que cueillir la flore du site est interdit et répréhensible. La cohérence naturelle de ces propos ont été 5 minutes plus tard mises à mal, lorsque l’homme de la nature arracha de ses deux mains une grosse poignée de fougères pour nous la montrer de plus près. Voilà, voilà. Excusez le côté médisant de ces lignes, l’âme a besoin parfois d’exorciser des contrariétés enfouies.

soufrière randonnée

Là-haut sur le volcan

Après deux heures d’ascension, nous arrivons enfin au sommet du volcan. Enfin c’est ce que le guide annonce puisque je ne vois absolument rien. Tout n’est que brouillard et eau, et ma visibilité n’excède pas les 10 mètres. A ce stade, je ne suis plus qu’une serpillière qui boude. Notre Gandalf des lieux se glorifie en affirmant qu’il nous amène vers un chemin interdit aux touristes lambda (c’est à dire ceux qui ont eu la présence d’esprit d’y aller seul). Je peux ainsi voir deux cratères qui émettent de la fumée ayant une bonne odeur de soufre. C’est étonnant à voir, mais l’averse sans fin ne donne que très peu envie de rester plus.

soufrière pluie
Les cratères de souffre

Le petit tour des lieux étant fait, le retour en bas se fait attendre. J’empoigne la main de Mr. Panda et je dévale avec lui la montagne pour s’affranchir du groupe et éviter la balade nonchalante que notre guide devait nous prévoir. Après cette course effrénée à travers les flaques, la fin de l’expédition est récompensée par des eaux thermales chaudes dans lesquelles chacun peut se prélasser. Ayant déjà les doigts fripés et mon corps rempli de 99% d’eau, je passe mon tour. L’envie de sécheresse étant plus forte que tout.

A m’entendre, on dirait que j’ai détesté cette randonnée. On en est pas loin. Et c’est fort dommage, puisque par temps clair le ressenti aurait été évidemment différent. Il semblerait que la météo soit en permanence humide, rare étant les jours sans pluie, juste sa force varie. Et j’insiste encore, ne prenez pas de guide ! Le chemin est tout tracé et vous pourrez y aller à votre rythme. Malgré l’aspect fortement désagréable de ces 4 heures dans l’eau, je me remémore cette randonnée trempée avec dérision et amusement.

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Hey coucou vous !

Alors êtes-vous tout de même tentés ? Ou avez-vous une expérience semblable ou différente de la mienne ? Dites-moi tout !

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