Destination finale : Ometepe

ometepe ile

Perle du Nicaragua, l’île d’Ometepe est située en plein lac Nicaragua. Sa jolie forme en huit est due aux deux volcans qui la forment. Principale attraction touristique du pays, ce petit coin de paradis a tout de même réussi à rester sauvage. Allez, je vous amène à ma dernière étape nicaraguayenne !

Sur la route d’Ometepe

Pour accéder à Ometepe, il faut aller jusqu’au port de San Jorge où un ferry fait des allers-retours quotidiens. Depuis ce point, le bateau vous amènera à Moyogalpa, la plus grande ville de l’île. Avis aux personnes sensibles au mal de mer : ce sera dur ! (Ça c’est une recommandation qu’il est bien à entendre). Le trajet dure 1h30 et j’ai eu droit à une eau un poil énervée et qui me l’a bien fait comprendre. Ma concentration n’a jamais été aussi assidue pour éviter de montrer aux passagers ce que j’ai pris au petit-déjeuner.

ometepe island

Les pieds posés enfin en terre ferme, je reprends mes esprits et me promet de faire le retour à la nage. Mon brevet de 500 mètres en natation a prouvé ma ténacité extrême. Un taxi collectif m’emmène avec Mr. Panda vers Santa Cruz, à l’est de l’île pour C$300. Arrivés, nous marchons et tombons sur un petit bar El Clandestino (vous ne l’avez pas vu venir n’est-ce pas..). Le barman nous recommande de poursuivre notre route vers Balgue, où en plus il connait un super hôtel. Il finit par nous dire que c’est celui de sa mère, ça si ce n’est pas une coïncidence ! Il est sympa, propose de nous y emmener gratuitement, alors nous cédons tels des enfants ne pouvant dire non à un paquet de sucettes.

Ometepe, le charme à la nicaraguayenne

Nous posons ainsi nos sacs à l’hôtel de maman Asi es mi tierra, où l’homme nous donne la meilleure chambre. Il s’agit d’un petit cabanon (très sale) avec terrasse (vue sur le poste de recyclage) décoré de Rocking Chairs (trop durs, d’accord j’arrête de râler). Le point positif de l’hôtel est le coin détente avec tables et hamacs, et la plage du lac à 2 minutes à pieds. Enfin plage, nous choisirons plutôt le terme de terrain vague donnant sur l’eau. La vue reste tout de même très jolie sur le volcan. Après un rapide tour des horizons, le minuscule village se résume à quelques maisonnettes, nous sommes en pleine pampa ce qui me réjouit fortement.

ometepe balgue

Je termine ma journée après non pas une douche froide, mais une douche gelée. Je détrône mon record de douche la plus courte en y sortant 10 secondes plus tard. Mon corps ayant repris une couleur normale, nous partons dîner au Café Campestre. L’endroit est mignon et cosy, et notre table est enjolivée par une jolie bougie dont la durée de vie fut écourtée de par mon adresse naturelle. Je commande un poulet thaï un peu trop épicé, heureusement que ma bière est douée pour réduire mon feu en bouche.

La nuit fut épique, le vent a fortement secoué notre cabane se croyant dans Les trois petits cochons. Au réveil, le soleil semble encore timide derrière les gros nuages. Nous profitons de ce temps gris pour profiter tranquillement des hamacs avec nos livres, car c’est aussi ça les vacances. Les belles éclaircies nous forcent à la promenade, et nous partons vers la Finca Magdalena, ferme biologique qui sert également d’auberge. Enfouie dans le bois à un kilomètre de la route, le lieu est le point de départ de plusieurs balades dans la réserve du volcan Maderas. Il est possible de voir une lagune (à 5 km) et plusieurs miradors et pétroglyphes.

ometepe finca magdalena

Parlez-moi de la pluie d’Ometepe

Pas très rassurés par le climat humide, nous entamons une petite balade de 1,3 km. Notre flair a vu juste puisque nous sommes rapidement stoppés par non pas une pluie, mais un torrent d’eau déversé sur nos têtes. Demi-tour express vers l’abri de l’hôtel, nous sommes littéralement trempés (ça me rappelle un souvenir…). Dès que la pluie cesse, nous repartons tels des éponges non essorées vers notre hôtel. En guise de récompense à mon labeur, j’oublie vite la douche chaude et relaxante au profit de l’iceberg fondu. Le calvaire porte ici tout son sens (aucune exagération n’a été insérée dans ce propos). Je mise ainsi tout sur le pouvoir réconfortant de ma bière, et c’est un succès.

ometepe balgue

Pour dîner, nous allons au restaurant argentin El Bamboo. La viande est vraiment chère, je me tourne donc vers un poisson pêché dans le lac Nicaragua. Celui-ci apparaît entier dans l’assiette, je suis contrainte d’y aller à deux mains pour m’affranchir des arêtes. Si la police criminelle du poisson croisait ma route, je n’aurai aucune chance. J’en ai absolument partout, mais le travail valait le coup puisque c’est excellent.

J’aperçois une petite pancarte mentionnant la fabrication de Baileys maison, soit mon alcool préféré. Mon cœur fait plusieurs tours, j’inspire et expire pour me calmer et me rue au bar le sourire aux lèvres. Mon palais connait à ce moment de sa vie la joie et le bonheur. Je réfléchis comment piquer une bouteille, mai les deux hommes semblent trop forts pour mes petits bras. C’est l’estomac repu et heureux que nous rentrons sombrer dans notre cabane fébrile. Sur le chemin, plusieurs plantes ont péri grâce à mon odeur de poisson mort, paix et amour à leur âmes. Nous ignorons toujours le programme du lendemain, le climat sera une fois de plus décideur.

Fury Road à Ometepe

Pour la dernière journée à Ometepe, nous décidons de louer un scooter auprès de l’hôtel pour explorer l’île. Comme à Phu Quoc ou Kep, il s’agit du meilleur moyen pour se véhiculer. Direction Ojo de Agua, la piscine naturelle réputée du coin. En pleine nature, l’endroit est superbe mais le tourisme a malheureusement pris le dessus. Restaurants, vendeurs et même bouées jaunes ont pris possession des lieux. Et surtout trop de touristes qui n’aident en rien à l’authenticité du site. Je ne me laisse pas démonter et m’offre une coconut près de la piscine.

ometepe ojo de agua

Nous reprenons ensuite la route vers Charco Verde, le bourg où nous envisageons de passer la nuit. Mais sur la route, le drame surgit. Alors que nous roulons à exactement 1,5 km/heure, le scooter se perd dans un virage et nous fait lourdement tomber sur la voie, bien bitumée. Malgré mon Mr. Panda en guise d’airbag, le choc me tord le ventre et ensanglante mon genou et mes mains. Le pilote s’en sort avec une belle égratignure au coude. J’ai beau être matinale, j’ai mal. Une gentille dame devant laquelle nous sommes tombés, court nous chercher coton et alcool. J’aurais mieux fait de le boire pour oublier la douleur, sa présence sur mes plaies me donnent envie d’imploser de supplice.

Mais telle une guerrière badass, je ne me laisse pas abattre et remonte sur la bécane tueuse pour la provoquer. Et aussi car je n’avais pas trop le choix… Tous deux plein de sang, je m’imagine que les hôtels nous offrirons leur hospitalité par pitié, mais il n’en est rien. Triste monde. Après avoir trouvé où passer notre dernière nuit (triste monde again), nous repartons à Balgue rendre le scooter car nous sommes des personnes honnêtes, et car nous avons aussi des affaires à récupérer. Nous voyant éclopés, notre hôte s’intéresse davantage à son scooter qu’à notre mal-être. Il nous demande de payer C$400 pour la peinture, alors que celle-ci est plus qu’approximative. Le peu de sang qu’il me reste bouillonne en moi, mais je décide de passer outre tel un moine bouddhiste en devenir.

Ometepe Baboun !

Le bus nous prend sur la route pour nous amener à Charco Verde.  45 minutes plus tard, nous arrivons à l’hôtel trouvé le matin, le Finca Venecia. Notre chambre n’est plus disponible, l’hôte nous propose alors la plus chère au même prix. Il s’agit d’une petite maisonnette, donnant sur le lac et isolée du bruit du restaurant, mais surtout avec de l’eau chaude ! Mais le karma aime se jouer de moi puisque de par mes blessures, je suis incapable de les mettre en contact de l’eau sans hurler. Le lieu est néanmoins idyllique et reposant pour finir en beauté les vacances. Et en plus le soleil rayonne, tout serait parfait si je ne boitais pas comme Keyser Soze.Ometepe charco verde

Après quelques tostones au fromage et un jus de fruit, nous partons depuis la plage vers la réserve naturelle à seulement 500 mètres de l’hôtel. Il faut payer $5 chacun pour entrer au sein de la réserve. Nous commençons par visiter la ferme aux papillons. Ce joli petit jardin grillagé est la maison de milliers de papillons de toutes espèces.

ometepe butterfly

A la suite de cette enchanterie, nous entamons notre promenade dans la réserve. Nous passons devant une jolie lagune, puis une plage sauvage.

ometepe charco verde

Alors que nous entamons le chemin vers un mirador, des bruits suspects dans les arbres nous surprennent. D’un coup, j’aperçois un singe, puis un autre, puis toute une famille ! Je suis subjuguée par ces bêtes qui sautent de branche en branche. Je tente une approche corrompue avec un bout de friandise locale mais rien n’y fait. Après 20 minutes à tenter d’établir un contact avec eux, nous aurons pour seule récompense un gros caca sur Mr. Panda, qui reçoit ce présent avec une mine déconfite. Bon ok, ça a fait ma journée.

ometepe singe

Ometepe, dernier acte

Lorsque je suis remise de mon fou rire (il est vrai qu’il m’en faut peu), nous grimpons, du moins j’essaye avec ma nouvelle démarche, jusqu’au mirador. La vue est splendide, nous restons de longues minutes à admirer le paysage. Nous ne perdons pas trop de temps pour rentrer à cause de la nuit qui arrive au loin. L’idée de passer la nuit avec les singes scatophiles ne me plait qu’à moitié.

ometepe charco verde

De retour à l’hôtel après cette belle balade, nous allons acheter de quoi prendre l’apéro pour notre ultime soirée. Nous savourons le tout au bord du lac dans le jardin, tout en s’imprégnant de la vue parfaite. Nous allons dîner au restaurant de l’hôtel et je commande un poisson à la plancha, en espérant ne pas être confrontée à la même bête que la veille. Je me réjouis ainsi de voir qu’il est sans aucune arêtes, la fête est donc plus chouette ! Pour faciliter la digestion, et que la digestion c’est important, nous accompagnons l’ensemble de bières. Et point final de la soirée, une délicieuse Piña Colada. Je vous laisse imaginer ma démarche de boiteuse alcoolisée. Spoiler : c’était pas joli.

Ometepe est ainsi un rendez-vous immanquable à votre voyage au Nicaragua. Malgré le tourisme, l’île reste encore sauvage et possède nombreux coins reculés du monde. Etre plongée en pleine campagne fut un moyen idéal de terminer le séjour en beauté.

Et c’est ainsi que se conclue mon superbe voyage au Nicaragua !

ometepe balgue

ometepe papillon

ometepe ojo de agua

ometepe charco verde

ometepe papillon

ometepe sunshine

 

 

 

 

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