Kuzco, l’empereur mégalo

Bien loin des Disney à base de princes et princesses dans un univers édulcoré et enchanteur, Kuzco marque le renouvellement de l’industrie à tête de Mickey. En plein Pérou, Kuzco est un personnage capricieux et exubérant, de quoi faire jalouser la candeur de ses aînés.

Kuzco, ou l’odyssée du rire

Kuzco a deux ferventes passions : lui et lui-même. Ado imbu de sa personne, Kuzco se retrouve à la tête d’un royaume inca, dont il n’a finalement que peu d’intérêt si ce n’est d’y faire briller son pouvoir. Une domination qu’il veut étendre en remplaçant un petit village par Kuzcotopia, une gigantesque demeure pour y passer ses étés. La vie normale en somme. Yzma, son perfide bras droit aussi laide que perverse, rêve de lui voler le trône. Aidée de son conseiller voire sous-fifre Kronk (best supporting role ever !), elle fait boire à Kuzco un breuvage empoisonné pour lui donner la mort. Raté, ça ne le transformera qu’en lama. Et tant mieux, sinon nos abdos n’auraient pu travailler de rire pendant plus d’une heure.

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Retrouvé en pleine nature péruvienne et hostile, Kuzco se réfugie chez Pacha, le chef du village qu’il souhaitait détruire. A partir de là commence la relation aussi drôle que, finalement, touchante entre les deux personnages. Ce Disney moderne à l’humour caustique et déjanté, renouvelle le genre. Graphiquement on est certes un peu en deçà d’un Roi Lion ou d’un Pocahontas, la BO ne nous bouscule pas autant le cœur qu’Aladdin ou Pocahontas (non promis, je n’ai pas une fascination pour ce Disney), mais les répliques et les personnages les surpassent. On ne rigole pas, on s’esclaffe de rire, ce qui est plutôt rare devant un Disney.

Des personnages en plein Pérou

Les personnages justement, on adore détester Kuzco ridiculement désobligeant et puéril, qui dans son nouveau corps de lama, se retrouve dans des situations grotesques. Pacha, ce paysan aux airs d’ours qui se révèle plus intelligent qu’on ne le pense, et qui ose affronter Kuzco. Du côté de la dark-force (on reste chez Disney, il en faut toujours une), la palme du comique revient à Kronk. Un physique à la Hercule avec le cerveau de Scrat de L’Age de glace, qui a pour spécialité la cuisine et plus particulièrement les gougères aux épinards. Et surtout, il maîtrise à la perfection le langage écureuil (je vous disais qu’il y avait un truc de Scrat). Chacune de ses répliques est un bonheur pour les zygomatiques. Et à côté, Yzma, qui ne peut s’empêcher d’afficher son blasement dès que ce dernier ouvre la bouche. Si Yzma est juste exécrable, c’est l’interaction entre ces deux personnages qui est à mourir de rire.

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Au-delà de l’histoire, on retrouve aussi l’ambiance péruvienne avec ses montagnes, sa verdure flamboyante et ses habitants aux vêtements traditionnels. Et surtout ses lamas. Si ceux que j’a pu croiser étaient de la trempe de Kuzco, je serais finalement peut-être restée là-bas. Car qui dit Disney, dit petite morale, on est moderne mais on garde les bases, faut pas pousser. Et forcément, plus l’aventure de Kuzco et Pacha évolue, plus l’égoïsme éblouissant de notre empereur se bouleverse.

Ce Disney un peu à part, dépoussière le genre en détonnant par son groove et son humour. Rarement je n’ai pu rire à ce point devant un dessin animé. Il suffit que j’entende la voix lasse de Kronk, proclamant qu’il ne mangera pas la noisette dans son uniforme de scout pour que ma journée soit faite.

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Autour du film :

  • Pour la crédibilité du film, l’équipe s’est rendu en amont au Pérou pour y effectuer des repérages, notamment au Machu Picchu. L’esprit inca a ainsi pu être transposé par le dessin.
  • Aux prémices du scénario, le film se voulait être une histoire sérieuse sur les incas et leur légende. Le scénario évolua vers un ton plus humoristique pour finir en comédie complètement loufoque.
  • Sting a composé la trame sonore du film, une de ses chansons est même chanté par Tom Jones.

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