2 days in Granada

Première étape de mon voyage, Granada est une jolie ville où l’atmosphère plaisante et colorée invite tout voyageur à la douceur de vivre. Les amoureux de la nature y trouveront également leur compte puisque elle permet l’accès à de chouettes balades sauvages.

Bienvenue à Granada

Après un long voyage et une nuit express à Managua, Mr. Panda et moi décidons d’aller directement à Granada. La capitale nous ayant été peu recommandée, nous préférons ne pas y perdre de temps. Nous quittons notre hôtel, sacs sur le dos vers la station de bus. Fini les bus touristiques confortables du Pérou ou de l’Asie, ici on navigue avec les locaux dans la pure tradition : les chicken bus. Anciens bus d’écoliers, ils officient désormais comme moyen de transport principal dans le pays. Le voyage pour Granada dure une bonne heure pour 20C$ (soit 0,64€). En plus d’être extrêmement économique, l’ambiance est entièrement dépaysante ; ça rigole, ça sourit, ça klaxonne constamment, ça freine très aléatoirement. Je suis happée de plaisir par cette atmosphère locale.

Arrivés à Granada, nous marchons en direction du Parque Central, généralement le repère de l’hyper-centre, à la recherche d’un hôtel. Après plusieurs essais trop onéreux, un homme nous aide, sans que l’on ne demande rien, et nous amène vers l’Hospedaje Cocibolca. Situé dans la rue Calzada, soit la plus vivante et plus mignonne de la ville, il offre la nuit à 16$, alors on dit banco !

Tous deux fatigués par le voyage, nous décidons que nous avons mérité notre Graal : la première bière ! Lovés dans nos chaises en bois ombragées, nous savourons avec délice ce nectar salvateur et récompensant notre périple effréné. Pour accompagner cette merveilleuse Toña, je me laisse tentée par un ceviche (j’aime le goût du risque en mangeant du cru le 1er jour). Une fois mon plat arrivé, je me rends tristement compte que je vais devoir m’adonner à mon nouveau jeu préféré de voyage : le triage de l’assiette (le fantôme de ce mal connu par nombreux voyageur, que j’ai eu la chance de vivre une fois sera toujours en moi). Out la multitude de légumes crus, mon ceviche finit donc en un amas de restes sur le côté de l’assiette, avec seulement 1/4 du plat dans mon ventre. Parano vous dîtes ?

Les lumières de Granada

J’apprends l’existence d’un musée du chocolat, et surprise, il s’agit de la même chaîne qu’au Pérou ! Ce souvenir ne s’étant jamais vraiment éteint, j’y cours en embarquant avec poigne Mr. Panda (enfin au pas, on est en vacances faut pas non plus trop pousser). Et comme j’ai encore faim, la raison de s’y rendre est d’autant plus grande. La visite est agréable grâce au guide fortement sympathique, mais on oublie pas notre objectif principal : se gaver de chocolat ! Car les explications que l’on connaît maintenant sur le bout des doigts c’est bien joli, mais il y a deux ventres à remplir de merveilles. Il nous propose ainsi de goûter… un seul carré de chocolat. Plus que déçue, j’hésite à envoyer un courrier de plainte pour exprimer ma non-gratitude. Il est loin le goûter gargantuesque proposé au Pérou. Je ne suis que frustration teintée de tristesse absolue.

Pour évacuer ma rancœur, nous repartons déambuler dans les rues, toutes pleines de couleurs, de musique et de vie, et tombons sur une bande de jeunes garçons en pleine partie de base-ball. Souhaitant immortaliser le moment, les enfants jouent le jeu de la photo en se regroupant devant l’objectif. Leurs sourires inondent le paysage et leur joie est plus que communicative. Très chouette moment.

Après une belle après-midi de balade, l’heure de l’apéro a sonné ! Nous allons dans un petit bar situé dans notre rue, où l’happy hour fait une méga promo sur les cocktails. Donc nous prenons une bière, la logique nous habite. La rue est animée grâce à de nombreux musiciens et par les locaux et touristes qui célèbrent la fin de la journée de la même manière que nous. La Toña dégustée et les chips de yucca (manioc) dévorées, nous partons dîner à La Hacienda, où je mange un porc au barbecue merveilleux. Si bien, qu’à chacun de nos passages à Granada, nous sommes retournés dans ce restaurant pour manger la même chose. Fourchette à la main, je me laisse bercer par cette ambiance tellement joyeuse et délectable qui règne autour de notre table.

Après cette première journée, mon sentiment est plus que positif. Les gens sont vraiment gentils, aidant et souriants, et la ville dégage des ondes agréables et paisibles.

La lagune grise de Masaya

Le mantra de ce voyage étant la décontraction et le laisser-vivre, nous restons deux nuits à Granada pour prendre le temps de visiter les environs. La principale activité aux alentours est la Laguna de Apoyo située à Masaya, soit à 45 minutes de bus de Granada. Le bus nous dépose au pied du long chemin menant à la lagune, le jeu étant de trouver un moyen pour se rendre au bout des 7 kilomètres. Après seulement 5 minutes d’attente, un bus privé pour un groupe de nicaraguayens s’arrête pour nous prendre. L’assemblée nous accueillent avec un sourire fraternel, et s’inquiète pendant tout le trajet de notre bien-être. A l’arrivée, ils nous invitent à rentrer avec eux à 16h. Je crois que le monde des Bisounours n’est finalement pas un mythe, mais une joyeuse réalité.

Nous arrivons à la lagune et le mauvais temps du jour rend le paysage beaucoup moins spectaculaire que prévu. Il faut savoir que ce phénomène naturel est incroyable: l’immense lac s’est formé grâce à l’explosion du cratère il y a 21000 ans. Depuis, la réserve naturelle a été adoptée par une faune et flore impressionnantes de variété. On imagine qu’avec un soleil parfait, le paysage aurait plus de splendeur. Mais le ciel gris reflète malheureusement sa tristesse dans le lac agité par le vent.

Après un tour rapide, nous essayons de retrouver un bus pour se rendre à Catarina, un autre site réputé. Moins chanceux qu’à l’aller, l’attente du bus est plus longue mais on a vite compris que la patience était une notion plus qu’essentielle au Nicaragua. Deux bus plus tard, nous arrivons ainsi à Catarina, ville réputée pour son artisanat et son point de vue splendide sur la Laguna de Apoyo. Cette fois-ci le spectacle vaut effectivement le détour, l’ensemble du lac lové dans son cratère est une merveille pour mes petits yeux.

Nous déjeunons dans un restaurant surplombant cette jolie vue. Je goûte le vigoron, un plat typiquement nica à base de manioc et de chicharon (couenne de porc grillé, recommandé par tous les nutritionnistes…). Repus, nous prenons la direction du retour et Mr.Panda se refait des potes d’1m20 tous voulant jouer la star devant l’objectif.

La nuit nous appartient

Les plusieurs bus nous ramènent à Granada où nous profitons doucement de la fin de journée sur les transats de notre hôtel, livre à la main. L’apéro faisant sonner son glas, pas d’autre choix que d’y céder. On se laisse une fois de plus enivrer par la joie que dégage notre rue. Forcément touristique, les vendeurs de rue prennent autant de plaisir que nous pour y passer la soirée, en tentant de vendre leurs produits à chaque table. Certes agaçant, ce coin de la ville est celui où l’on ressent le plus l’emprise du tourisme au Nicaragua.

On termine la soirée au Spanglish, réputé pour ses cocktails et ses tapas. Ne faites par contre pas la même erreur que moi en prenant le cocktail le moins cher, qui était imbuvable. A force de faire attention aux dépenses, on peut se faire prendre à son propre jeu. Je m’octroie un plaisir sucré en prenant une gaufre au caramel qui ravit mon palais. Je prends un désir non dissimulé ensuite à déambuler dans cette flopée de petites rues rythmées par les notes de guitare ou de Kanye West. Le dépaysement est total.

Lors du voyage, nous repasserons plusieurs fois à Granada. En plus d’être un point central du pays pour visiter les autres endroits, il s’agit surtout d’une étape agréable grâce à la quiétude et l’énergie positive qui s’en dégage. Non débordante d’activités, on prend néanmoins vite goût à cette douceur de vivre renforcée par la gentillesse de ses locaux.

 

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