La fureur d’Hô Chi Minh

Capitale du Vietnam, anciennement connue sous le nom de Saigon, elle fut rebaptisée Hô Chi Minh après la guerre en 1975. Entre l’effusion des rues et monuments architecturaux majestueux, une ambiance particulière règne ici.

Bon avant de débuter, j’ai besoin d’exorciser, dès que j’entends résonner le mot Saigon, toutes mes pensées se réfugient ici. Voilà, ceci étant poser, entamons.

Good morning Vietnam !

Après un long voyage de plus de 15 heures, j’atterris à Hô Chi Minh pour commencer mon voyage au Vietnam et au Cambodge. Tout de suite je suis happée par la chaleur et le bruit ambiant de la rue. Je me dirige vers mon hôtel, le Beautiful Saigon, le seul que j’ai réservé depuis la France. En plein cœur de la ville, dans la rue très animée de Bui Vien, la chambre est basique mais agréable, mais c’est lorsque j’entre dans la salle de bain que mon cœur sursaute à l’intérieur : WC et salle de bain ne font qu’un. Je veux dire, la douche au-dessus des WC, sans cloison, rien, les deux sont copains et cohabitent ensemble sans pudeur, plusieurs possibilités de lavage combiné se présentent à moi. Je m’en serai vite fait une raison puisque la plupart des hôtels du pays fonctionne de la même façon. Adieu confort thermal.

Je pars directement en balade dans la ville, cette chaleur loin du froid hivernal français fait un bien fou. Je passe devant la belle cathédrale, puis la grande poste centrale aux allures de gare. Je me pose un instant dans le parc pour observer les locaux, mon hobby assumé ; les gens font leur sport, d’autres sont en ronde pour débattre sur je ne sais quel sujet (ou alors ils se racontent juste des blagues les uns après les autres, que sais-je), et des jeunes jouent au badminton sans raquette, et avec le pied, oui oui. J’adore m’asseoir dans un parc, c’est toujours l’endroit où on peut avoir la meilleure image des habitants d’une ville.

hô chi minh

Ce qui me frappe le plus, c’est le trafic routier effréné. Des milliers de scooters roulent avec fureur entre les voitures. Scooters qui n’hésitent pas à transporter l’intégralité de leur famille sur un seul deux-roues voire des énormes remorques de vélos et babioles en tout genre. Il n’y a aucun code de la route, si bien que les feux rouges sont grillés sans scrupule devant le nez des policiers, ceux-ci ayant l’air d’avoir finalement très peu d’intérêt pour ce qui se passe autour. A chaque fois que je traverse la rue, j’ai le sentiment d’être une guerrière risquant dangereusement sa vie. Le piéton étant loin d’être roi, au contraire il gêne. Cette jungle urbaine est un peu déconcertante, mais contribue finalement à l’ambiance folle de la ville.

hô chi minh

De retour pour la soirée dans ma rue, je profite des fameux « happy hours » proclamés par la plupart des bars : pour deux bière achetés, la troisième offerte. Bingo ! Apéro ! (l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, blabla, c’est les vacances). J’ai l’impression de n’avoir pas dormi depuis une semaine, donc le coucher à 22 heures est essentiel.

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Hô Chi Minh, ville vive aux souvenirs sombres

Après une nuit de 12 heures, je suis les conseils du Routard en me rendant dans une association d’aveugles-masseurs. Bien moins cher que les spas, je suis contente de faire également une bonne action. Enfin c’est ce que je me disais avant de pénétrer dans cette enceinte d’un glauque absolu. Allongée sur ma table de massage, j’ai clairement l’impression d’être sur la table de Dexter, ses yeux en moins. Ne m’étant jamais faite massée auparavant, difficile de juger la qualité de l’action. Je ne ressors pas détendue, et mon Mr.Panda. a passé son heure à pester contre son masseur pour qu’il s’occupe de son corps plutôt que de son téléphone toujours allumé. Bref, merci le Routard…

Je continue ma journée en passant devant la tour Bitexco, la plus haute de la ville. Vous pouvez y monter (je ne l’ai pas fait de par son prix un peu élevé) et profiter de la vue à 360° sur tout Hô Chi Minh.

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J’arrive au musée des vestiges de la guerre pour y débuter ma visite. Mon grand-père ayant fait la guerre d’Indochine, en apprendre davantage sur le sujet m’intéressait d’autant plus. Le musée est grand, et possède un nombre conséquent d’archives. La guerre d’Indochine puis celle du Vietnam sont expliquées, grâce à des reconstitutions de cellules, textes et photos, belles pour certaines, et absolument écœurantes pour d’autres. Il faut avoir le cœur parfois bien accroché pour supporter certaines de ces images. On sent l’horreur dans chaque salle du musée, et surtout l’envie de se documenter davantage sur ce vaste sujet.

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A la fin de mon voyage, mon point de chute étant Hô Chi Minh, j’ai pu y passer une dernière journée. J’en profite pour visiter la pagode de l’Empereur de Jade. Un peu excentrée du centre-ville (pour ne pas dire une bonne heure de marche sous le soleil étouffant), elle n’est pas dessinée sur le plan officiel touristique. Ainsi, peu d’Occidentaux, mais beaucoup de Vietnamiens venant prier et offrir des offrandes. Etant en pleine période du Têt, l’activité y bat son plein. C’est étonnant d’observer tous leurs rituels, et je me sens complètement absorbée par cette ambiance enivrante.

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Vu que j’ai déjà écumé la plupart des lieux intéressants de la ville, je décide de perdre un peu de temps au jardin botanique et zoologique. Ce fut là-aussi une expérience, et loin d’être plaisante. Les vacances jouant pour beaucoup, le parc est surbondé, et une fois encore je semble être une des rares occidentales de la foule. Rempli de familles vietnamiennes, l’incivilité est la loi. Ça bouscule, ça hurle, ça crache, et si tu es à côté tant pis pour toi (j’aborde avec plus de détails par-là), ça lance même des canettes aux animaux (du Fanta en plus, quelle idée !). C’est dommage, car l’endroit reste agréable pour se balader, mais cet aspect irrespectueux, plus la vision des animaux amorphes dans de minuscules cages me fend le cœur.

Je passe une dernière fois au marché Ben Thanh. Gigantesque et couvert, il vend mille et une choses ; fruits, poissons, viandes, souvenirs, vêtements, etc. Comme à chaque fois que je vais au marché, je ne peux m’empêcher de repartir avec du Jackfruit, ma nouvelle addiction asiatique. Immense fruit à carapace, rempli de petits quartiers oranges, au goût incroyable. Je pleure déjà mon futur manque en France.

          Jackfruit_Flesh Ripe_jackfruit

Hô Chi Minh est débordant de vie, ne s’arrête jamais, il faut juste parvenir à y faire sa place sans trop se sentir oppressé par ses habitants, se souciant peu de notre présence.

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L’hôtel de ville
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La cathédrale 
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La poste centrale

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